non et quasi

Des contenus "non pertinents" ou "non-pertinents" ?

Encore une bonne question ! 

C'est toujours la petite prise de tête du moment quand il s'agit de savoir si le trait d'union s'invite ou pas avec non et quasi...

 

 

Alors, la réponse? Ben c'est simple ! Comme d'habitude, me direz-vous... Mais, dans ce cas, oui, ça l'est vraiment !

 

 


Devant un adjectif => pas de trait de trait d'union

Plus précisément, pas de trait d'union devant un adjectif qualificatif ou un participe passé. 

 

On écrit donc des contenus non pertinents. Alors que tout le monde sait que la pertinence des contenus sur le web aujourd'hui, c'est un peu le nerf de la guerre...

Devant un nom => trait d'union

Par contre, les adverbes non et quasi se collent à un nom avec un trait d'union.

 

 

On écrit donc :

Le rédacteur web produit un contenu de qualité, au coeur des préoccupations des cibles. Stop à la non-pertinence des articles ou vous rebuterez vos lecteurs-consommateurs !


Et "presque" alors?

Puisque avec presque, on peut aussi se poser la question, eh bien là, pas de prise de tête, il n'y a jamais de trait d'union ! Je vous l'avais dit, c'est simple aujourd'hui !

Et pour info, presque ne s'élide jamais - enfin sauf dans presqu'île...

"Quelque" ou "quel que"?

Comment écrire "quelque" ?

 

 "Quelque" en un ou deux mots ? L’accorde-t-on ? Et avec quoi ? Que de bonnes questions qui, malgré les apparences, ont une certaine importance. Car la bonne orthographe participe au sens de votre phrase. Rédacteurs, rédactrices, voici comment éviter en trois points quelques fautes malvenues dans vos papiers.  

1. Déterminez si quelque s’écrit en un seul mot ou non.

 Sachez que quelque devant un nom ou un adjectif s’écrit toujours en un seul mot. Si c'est le cas, passez directement au point n° 2. Sinon, rendez-vous au point n°3 !

 

2. OK, on écrit quelque en un seul mot, mais faut-il l’accorder ?

Pour cela, identifiez le sens et la nature de quelque :

  •  si quelque peut être remplacé par "plusieurs", il est déterminant et s’accorde.

J’ai ramené quelques livres de la bibliothèque.

  •  s’il signifie "un certain", "un quelconque", il reste au singulier, car il ne s’emploie qu’avec des noms au singulier. Dans ce sens, il ne peut jamais être suivi d’un autre déterminant.

 Son entreprise avait-elle quelque chance de succès ?

  •   s’il signifie "environ", "à peu près", il est adverbe, donc invariable.

Depuis le début de l’année, j’ai rédigé quelque trente articles sur le brand content !

 

 

3. Si quel que doit s’écrire en deux mots, c’est simple !

Quel que précède directement le verbe être au subjonctif. Quel s’accorde avec le sujet inversé. Quel que soit le sujet à traiter, un rédacteur web doit d'abord écrire pour intéresser son lecteur.

 

Bonus

Des expressions toujours au singulier :

Quelque temps, quelque chose, quelque part, en quelque sorte, quelque peu.

 

Quelquefois (un seul mot) = de temps en temps / Quelques fois (deux mots) = plusieurs fois

  

Des questions? N’hésitez pas à m'en faire part, j'y répondrai bien volontiers...

En tout cas, j'espère vous avoir apporté quelques éléments de réponse.

Pour aller plus loin…

On écrit en un seul mot quelque quand il précède un nom repris par que ou qui introduisant une subordonnée au subjonctif. Cette construction est peu utilisée, car elle appartient au registre soutenu. Couramment, on utilisera plutôt la construction avec bien que, malgré

 

Quelques difficultés qu’il ait à surmonter, il réussira.

Bien qu’il ait des difficultés, il réussira.

 

Quand quelque… que précède un adjectif au singulier ou au pluriel non suivi d’un nom, il a le sens de si, il est adverbe et reste au singulier.

Quelque perfectionnés que soient ces portables, ils doivent être rechargés souvent.


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11 barbarismes, solécismes et pléonasmes à éviter

Rédacteurs, soyez attentifs à ces tournures de phrase incorrectes qui polluent la qualité de vos textes et autres articles de blog. Êtes-vous au point ?

Pour rappel, voici quelques définitions :

  • Un barbarisme, c’est l’emploi d’un mot altéré ou inapproprié.
  • Un solécisme est une construction vicieuse.
  • Un pléonasme est une redondance, une répétition.

 

Maintenant, testez-vous !

Dans les phrases suivantes, écririez-vous…

 

  1. « La multinationale américaine risque, à terme, de gagner quelques millions en rachetant cette filiale. »

Non, on évite. Le verbe risquer induit la notion de danger. Ici, cette opération relève plutôt d’une décision stratégique positive. Écrivez alors « peut » ou « projette ».

Ainsi, direz-vous qu’il « a de fortes chances de rater son bac » ? Malheureusement pour lui, il est plus juste de dire : « Il risque de rater son bac ».

 

  1. « Après que le rédacteur web ait produit des contenus rédactionnels, il peut être amené à intégrer des images ou des vidéos. »

C’est une erreur fréquente à corriger. Après que est suivi de l’indicatif ; avant que, du subjonctif. Pour éviter de heurter l’oreille, on peut aussi remplacer cette tournure par une forme substantivée (un groupe nominal). On dira donc : « Après que le rédacteur web a produit des contenus rédactionnels… » ou « Après la production de contenus rédactionnels, le rédacteur web peut… ».

 

3. « Puisque le client n’était pas du tout satisfait des multiples versions proposées, la rédactrice dut repartir à zéro. »

 

On ne repart pas à zéro, mais de zéro !

 

      4.     « Sous-traiter la rédaction web permet de palier à un manque de compétence en interne. »

Oui, c’est une bonne idée, mais avec 2 l à pallier – ne confondez pas avec palier (plateforme entre deux volées d’escaliers) ! –, et sans à ! Oui, même chez les meilleurs journalistes, on entend cette formulation, et c’est bien dommage ! Donc, on écrit : « Sous-traiter la rédaction web permet de pallier un manque de compétence en interne. »

 

  1. « En exprimant sa conviction la plus absolue, il a opposé son veto. »

On ne peut pas dire « sa conviction la plus absolue », car il n’y a pas de degré dans l’absolu. « Opposer son veto » est un pléonasme : soit je m’oppose, soit je mets mon veto. Il fallait dire : « En exprimant son absolue conviction, il s’y est opposé ». On cherche la petite bête, me direz-vous ? Non, on cherche à être précis. Et en plus, on allège sa phrase !

 

  1. « Cet article est-il compréhensif pour tous ? »

Ça, c’est vous qui me le direz ! En attendant souvenez-vous que compréhensif signifie « indulgent ». Il convenait d’utiliser ici compréhensible, qui signifie « intelligible », pour (ou par) tous. Sinon, ça va ? Vous suivez ?

 

 

  1. « L’agriculture française se fait forte de concurrencer les étrangères. »

L’expression « se faire fort de » est une expression figée dont fort est adverbe, donc invariable. Oui, retenez-le bien, les adverbes sont toujours invariables ! Enfin, à quelques exceptions près… Comme tout qui peut s’accorder. Mais nous y reviendrons.

 

  1. « Enfin, pour finir, essayons d’épurer les comptes. »

« Enfin, pour finir » est un pléonasme. Attention aux sens d’épurer (rendre pur) et apurer (vérifier). Quand ça se joue à une lettre…

 

  1. « Cette femme est omnubilée par son image. »

Cela vous semble juste ? Non ! On écrit obnubiler et non omnubiler. Une astuce ! Pour retenir la bonne orthographe, pensez à sa définition obnubiler = obséder. Les deux mots commencent par ob !

 

  1. « Je me rappelle encore de ses débuts hésitants. »

Ici, on mélange deux constructions, celles des verbes se rappeler et se souvenir. Retenez que l’on se rappelle quelque chose et que l’on se souvient de quelque chose.

 

            11.   « Faisons le tour de quelques fautes courantes, comme par exemple les fautes d’accord de l’adjectif de couleur. »

 

             Encore une redondance ! Comme et par exemple ont le même sens. Utilisez l’un ou l’autre, à votre guise !

 

Votre mémo du jour

Bon, vous n’êtes pas trop perdu ? Quoi qu’il en soit, révision ou nouveauté, voici un petit récap’, histoire de se souvenir (!) des bonnes formulations…

 

  • Risquer = danger
  • Après que + indicatif
  • Repartir de zéro
  • Pallier direct (+ COD)
  • Mettre son véto ou s’opposer
  • Compréhensible par tous
  • Se faire fort de
  • Enfin ou pour finir
  • Obnubiler = obséder
  • Se rappeler quelque chose ou se souvenir de quelque chose
  • Comme ou par exemple

 

Sinon, il y a aussi des barbarismes tolérés par l’usage, OK. Mais quand même, pourquoi écrire candidater ou solutionner quand il y a déjà des mots pour le dire (postuler, résoudre) ? Je pose juste la question…

Faire court correctement

Faire court, c’est bien, encore faut-il le faire correctement. Le rédacteur web doit donc respecter quelques règles orthotypographiques, sous peine d’embrouiller son lecteur ou de le rebuter. Allons donc, pour l’occasion, faire un tour du côté des abréviations !

Rédacteurs, saurez-vous éviter ces erreurs ?

 

  • etc… ou ect… ? Ni l’un ni l’autre ! Retenez qu’et caetera s’abrège comme ça : etc. ou Choisissez l’une ou l’autre forme, et c’est tout ! Inutile de faire suivre etc. de points de suspension. Vous créeriez une redondance ! Tout comme il est inutile de faire suivre d’un point les points de suspension.
  • M. ou Mr ? L’abréviation de monsieur est bien M., et non Mr comme autrefois ou comme l’abréviation anglaise de Mister. Au pluriel, pensez d’ailleurs à écrire MM. (pour messieurs).
  • 3è, 2ème ou 1ère ! Oubliez tout! On abrège ainsi :

premier, première, deuxième, troisième… en 1er, 1re, 2e, 3e

Attention! Les abréviations des nombres ordinaux prennent la marque du pluriel ! Donc, on retrouve 1ers, 1res, 2es

  • Par contre, les abréviations des unités de mesure ne prennent pas la maque du pluriel. Elles ne s’abrègent (et sans point !) que lorsqu’elles sont accompagnées d’un nombre :

Kilomètre devient km et reste km : il a parcouru 100 km avec tant d’aisance !

  • Veillez aussi à écrire bd pour boulevard, av. pour avenue, P.-D.G pour président-directeur général, P.-S. pour post-scriptum, c.-à-d. pour c’est-à-dire

 

 

 

Dernier conseil

 

Un rédacteur doit bien veiller à toujours « dérouler » en début d’article l’abréviation qu’il va proposer à son lecteur. Question de respect et de compréhension.

Alors, ces erreurs sont-elles courantes dans vos textes ou dans vos lectures ? Ce billet a-t-il été utile? N'hésitez pas à me faire part de vos avis !

 

 

Sinon, avez-vous remarqué la présence des traits d’union dans les abréviations ? Oui, le trait d’union répond aussi à des règles bien précises et son emploi peut grandement faciliter la lecture, nous y reviendrons…


Pour en savoir plus : le site abréviations.com me semble assez complet. Sinon, vous pouvez toujours consulter un bon vieux manuel papier, notamment la référence en matière d'orthotypo, le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale. A mon avis, un ouvrage indispensable!

 

 

 

 

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 Blog à outils du rédacteur

Des clés pour dompter l’orthographe

Rédiger pour le print ou le web n’est pas qu’une affaire de style – je vous laisse le soin de lire les blogs de confrères qui parlent de la multidisciplinarité requise pour le job. Il s’agit aussi pour le rédacteur ou le blogueur de maîtriser le français, et pas seulement à un niveau scolaire…

Respecter la langue française, pour quoi faire ?

Vous êtes rédacteur web ou print, vous êtes blogueur, bref vous écrivez régulièrement pour vous ou pour vos clients. Les idées sont là, l’angle coule de source ou presque, mais il se peut que vos connaissances en orthographe – ou votre correcteur – vous lâchent parce que trop fatigué – vous –, trop compliqué – pour le logiciel. Mais pas question pour autant de publier un contenu parasité par une faute d’accord ou une lourde erreur de ponctuation ! Question d’image – la vôtre, celle de votre client –, de respect – de vos lecteurs –, et de sens.

Et puis, puisque Google et consorts ont décidé de mettre en avant des contenus pertinents, autant publier des articles de qualité sur le fond et sur la forme !

 

Objet du blog à outils du rédacteur

Je publierai donc régulièrement des articles pour éclairer rédacteurs et rédactrices sur une difficulté ou une règle, bien souvent semée d’exceptions. Je pourrai aussi vous donner des trucs et astuces pour en finir avec les mots casse-pieds et autres tracasseries linguistiques. Je vous invite également à faire des suggestions ou à m’adresser directement une demande précise.

 

Deux mots sur la rédactrice du blog

Si vous avez visité mon site, vous savez à peu près qui je suis. Une rédactrice, oui, mais aussi une correctrice. Qui aime les contenus impeccables sur le fond et sur la forme. Sans prétendre être irréprochable ni détenir la vérité en matière de respect de la langue française, je m’appuie toutefois sur une formation à la correction, quelques années d’expérience et des ouvrages de référence. Voilà pour la plume ! A très vite...

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